Pour une fin de vie digne et libre !
- Maxime Coppet

- 7 juin 2025
- 4 min de lecture

Je suis pour l’aide à mourir.
Je la défends au nom de valeurs qui me sont chères : la liberté, la dignité, et surtout, l’absolue souveraineté de la conscience.
Le 27 mai 2025, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture le projet de loi relatif au « droit à l’aide à mourir ».
Ce droit serait ouvert aux personnes majeures, capables d’exprimer leur volonté de manière libre et éclairée, atteintes d’une affection grave et incurable, provoquant des souffrances physiques ou psychiques insupportables.
Ce texte vise à offrir une option supplémentaire aux personnes en fin de vie, dans le respect de leur autonomie, de leur histoire et de leur humanité.
Ce que cette loi propose, ce n’est pas la banalisation de la mort. Ce n’est pas un renoncement à la vie.
Elle affirme simplement, mais fermement, que face à l’irréversible, face à la douleur sans remède, face à la détresse, le citoyen doit pouvoir décider pour lui-même.
Elle reconnaît que la vie ne se résume pas à une survie biologique.
Elle rend au citoyen la maîtrise de son dernier acte, dans un cadre légal et dans un accompagnement rigoureux et éthique.
Je le dis avec gravité, mais sans détour : si, un jour, la maladie me frappait au point d’effacer tout espoir, si la souffrance devenait telle que plus aucun soin, plus aucune présence, ne pouvait l’apaiser, alors oui, je voudrais pouvoir faire ce choix.
Non dans l’ombre, non dans la clandestinité, non dans la culpabilité, mais dans la clarté, et selon ce que je juge juste et digne pour moi.
Cependant, je ne suis pas aveugle aux inégalités que notre système de santé révèle parfois brutalement.
Et je ne peux ignorer ce que de nombreux témoignages, reportages, récits de terrain nous
disent : certains pourraient demander une aide à mourir, non par choix pleinement consenti, mais parce qu’ils n’ont pas eu accès à d’autres options.
Parce que les soins palliatifs manquent. Parce que les structures sont saturées, ou tout simplement inexistantes dans certains territoires. Parce que l’isolement est parfois plus lourd que la douleur.
Je le dis clairement : il ne peut y avoir de véritable liberté de choix que si toutes les options sont effectivement disponibles.
C’est pourquoi je soutiens la mise en œuvre du plan décennal pour les soins palliatifs, doté de 1,1 milliard d’euros.
Mais ce plan ne doit pas rester une promesse. Il doit devenir une réalité visible et concrète, dans tous les territoires.
J’affirme donc deux choses, avec la même force :
Le droit à l’aide à mourir doit exister, être clairement reconnu, encadré et respecté.
Ce droit ne peut se construire sans un engagement massif pour l’accès universel aux soins, aux traitements, à la présence humaine.
Il faut aussi regarder en face une vérité plus intime, peut-être plus dérangeante :
Oui, parfois, le désir de mourir persiste, même lorsque les soins sont excellents, même lorsque la famille est présente, aimante, engagée.
Parce que la souffrance peut être plus profonde que ce que la médecine peut soulager, parce que l’épuisement ou la perte de sens deviennent, pour certains, un seuil qu’ils ne peuvent ni traverser, ni habiter.
La République ne peut détourner le regard.
Elle doit répondre à cette complexité avec courage et lucidité.
Car la République, c’est l’État qui garantit à chacun la liberté de conscience, dans le respect de l’intérêt général et de la dignité humaine.
Car la République ne protège pas seulement la vie, elle protège aussi la volonté des citoyens de rester maîtres de leur destin, jusqu’au bout.
Car la République, ce n’est pas l’indifférence maquillée en neutralité.
Car la République, ce n’est pas le dogme. J’insiste.
Je suis pour cette loi.
Car je crois que la souffrance ne doit jamais être un horizon imposé.
Car je crois que la dignité ne se proclame pas : elle se garantit, elle se protège.
Car je crois qu’on peut aimer profondément la vie, et vouloir pourtant la quitter dans la paix, dans le respect de soi.
Être fidèle aux valeurs républicaines, c’est garantir à chacun la liberté de choisir, dans un cadre d’égalité réelle et de justice sociale.
C’est dans cet équilibre exigeant que cette loi doit s’inscrire.
Et c’est en ce sens que je la défends, et que je l’espère.
Maxime Coppet

Pour celles et ceux qui souhaitent en savoir plus !
Retrouvez ci-dessous plusieurs ressources utiles, des liens vers des documents officiels, des éléments de la proposition de loi, des témoignages ainsi que des éclairages pour mieux comprendre les enjeux de cette question fondamentale.
Textes officiels :
Proposition de loi, adoptée par l'Assemblée nationale, relative au droit à l'aide à mourir le 27 mai 2025, T.A. n° 122 - https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17t0122_texte-adopte-seance
Proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir - https://www.vie-publique.fr/loi/298544-fin-de-vie-droit-laide-mourir-proposition-de-loi-falorni
Proposition de loi relative à la fin de vie, n° 1100, déposée le mardi 11 mars 2025 - https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b1100_proposition-loi
Proposition de loi visant à garantir l'égal accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs - https://www.vie-publique.fr/loi/298525-soins-palliatifs-et-daccompagnement-proposition-de-loi-vidal
Témoignages et récits de vie :
Aide à mourir : le choix d'Odette - https://www.franceinfo.fr/replay-magazine/france-2/envoye-special/video-le-choix-d-odette_7043135.html
Des témoignages forts dans la Marne et des inégalités dénoncées - https://www.radiofrance.fr/francebleu/podcasts/on-en-parle-ici-en-champagne-ardenne/aide-a-mourir-des-temoignages-forts-dans-la-marne-et-des-inegalites-denoncees-7021083
Fin de vie : pour que tu aies le choix / Documentaire complet - https://youtu.be/F-5s_dZgp4Y?si=O3ylpfCoFP5Lojdm
Atteint de la maladie de Parkinson, il a demandé l'aide active à mourir en Belgique -https://youtu.be/ZLnq_g7ChGI?si=SHP4FSW8ZKUI29QU








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